Après 11 jours au Guatemala, nous sommes arrivés au Belize le samedi 15 février par la frontière terrestre en prenant un colectivo à El Remate pour Melchor de Mencos et en passant à pied les deux postes-frontières. Voir détails sur le franchissement de cette frontière et comparaison des deux pays sur la page Guatemala-Belize.
Très chouette visite le dimanche matin du joli site de Xunantunich ("La jeune femme de pierre") situé à 13 km de notre lodge et surplombant la rivière Mopan, avec un beau castillo orné de frises en stuc culminant à 42 m ce qui permet d'offrir une splendide vue. Comme il y a peu de bus le dimanche, on a pris un taxi à San Ignacio, taxi qui doit traverser le rio sur un petit bac manuel gratuit pour nous amener à l'entrée du site sur lequel nous avons croisé plusieurs iguanes se prélassant au soleil.
Lundi 17 février, grosse journée de marche entrecoupée de quelques bonnes averses afin de prendre le pouls de San Ignacio, la 2e ville du pays. Mais le Belize c'est tout petit, alors elle ne compte que 23 000 hab et a un look de gros bourg avec quelques jolies maisons en bois. La réception de notre lodge nous a fort heureusement prêté un parapluie, utile aussi bien sous la pluie que sous le soleil.
La rivière Macal sépare San Ignacio de la ville sœur de Santa Elena et deux ponts relient les rives. Le pont principal est le pont en fer Hawkesworth. L'autre pont, en bois, construit pour servir temporairement pendant une période de réparation du pont Hawkesworth, n'a jamais été retiré. Partiellement détruit par l'ouragan Earl en 2016, il a même été rapidement reconstruit de manière renforcée, consolidant ainsi son statut permanent.
Après la balade dans San Ignacio, on ne regrette pas notre visite du petit site maya de Cahal Pech, plus sauvage et tranquille car beaucoup moins touristique, situé à 2 km du centre ville, ce qui permet d'y aller à pied si on a un peu de courage car il est en hauteur. Dès l'entrée, un agouti a traversé le chemin devant nous et on a été ensuite accueilli par les cris d'un singe hurleur déchaîné... ce qui nous a permis de le repérer et de le photographier !

Rien d'enthousiasmant concernant le Maya Moutain Lodge mais cet hébergement possède malgré tout quelques qualités : jardin bien entretenu, personnel aimable, ménage quotidien, eau, café etc. à disposition. Et le centre de San Ignacio est à 1,5 km, on peut s'y rendre à pied (même si le trajet n'est pas très agréable). L'ensemble est néanmoins vieillissant à l'image de la piscine, dont l'eau est froide et où on cherche en vain une chaise longue. Notre rustique cabane Toucan manquait de charme et était sombre et humide, il fallait allumer les lumières même en plein jour. On entendait aussi beaucoup le bruit de la route ainsi que les allées et venues sur le parking, toutes les voitures déposant les gens sur le côté du bungalow. Le restaurant est quant à lui correct, sans plus, assez cher et l'ambiance pas très fun.
Transfert le mardi 18 février après-midi pour Tower Hill (167 km, 2 h 30 de route) près d'Orange Walk afin de visiter le lendemain matin notre dernier site maya, à Lamanai. Un site que l'on rejoint en bateau, sur la New River. Notre hôtel sur pilotis Lamanai Hôtel & Marina, donne donc sur un petit plan d'eau (dans lequel il y a des crocos) relié à la rivière, c'est sympa, mais il n'y a rien alentours. C'est un hôtel aux chambres très spacieuses et propres mais au look pas vraiment moderne avec chacune une terrasse offrant une jolie vue.
Lamanai (qui signifie "crocodile immergé" en référence aux nombreux crocodiles présents le long des rives) est un beau site maya niché au coeur de la forêt accessible par la route mais surtout par la New River, en 45 mn de navigation environ. Mais après Yaxhá, Tikal et Xunantunich, nous avons ressenti une légère déception car il est moins impressionnant et n'offre pas, comme les trois précédents, de fabuleuses vues sur la forêt tropicale. En revanche, la balade en bateau est chouette, on peut voir plein d'oiseaux et des crocodiles, et c'est amusant d'écouter un guide créole expliquer toute la culture maya. Nous avons réservé cette visite guidée auprès de notre hôtel Lamanai & Marina pour 85 USD par personne (repas compris) et une lancha est venue nous chercher au ponton de l'hôtel pour nous amener au point de départ.

En allant à Lamanai, notre bateau a ralenti devant une ferme de la communauté mennonite de Shipyard, la plus importante et la plus traditionaliste du Belize. Ces Mennonites sont les descendants des membres d’une secte religieuse protestante née en Suisse et aux Pays-Bas à l'époque de la Réforme protestante et parvenue aux USA, au Canada et au Mexique après divers détours. Certaines familles sont ensuite venues s'installer au Honduras Britannique (aujourd’hui Belize) notamment dans le district d'Orange Walk en 1959 pour fuir ce qu'ils considéraient comme le matérialisme croissant et le déclin moral de la société moderne. Connus pour leur mode de vie traditionnel et leur rejet des technologies modernes, les Mennonites ont été attirés par le Belize en raison de son climat chaud, de ses sols fertiles et de sa faible densité de population. Ils ont commencé à cultiver la terre, à élever du bétail, à créer des entreprises notamment des magasins de meubles et ont fondé leurs propres écoles. Aujourd’hui, c’est une communauté prospère de plus de 14 000 personnes parfaitement intégrée et respectée pour son travail et son attachement à ses valeurs.